Olivia GAY sort un C.D. (violoncelle)

Les concerts au château des Tourelles ?

O.G. « Ils ont été un succès, tant au niveau du public qui répondait toujours présent, qu'au niveau du ressenti sur "scène", le lieu se prêtant merveilleusement bien à la musique de chambre et l'ambiance conviviale et chaleureuse à toujours ravi artistes et public. J'ai eu l'occasion de m'y produire plusieurs fois aux côtés de superbes musiciens tels qu’Éric Artz, Valentine Buttard, Natacha Kudritskaya (piano), Vincent Carenzi (accordéon), Ryoko Yano (violon). »

Les grandes étapes de votre carrière ?

O.G. « Après les études et pas mal de concerts, il fallait faire évoluer ma carrière. Je me suis donc lancée dans un projet de disque que j'ai souhaité à mon image, comme un portrait ou une carte de visite, pour me faire connaître d'avantage dans le monde de la musique. La bande est prête et je suis à la recherche d'une maison de disque, avec l'aide d'une agence de communication qui va m'aider à faire avancer tout cela. C'est mettre les pieds dans le monde du "business" de la musique ... une sacrée étape! »

Vos compositeurs préférés ?

O.G. « Difficile à dire tant j'aime Brahms, Franck, Stravinski, Ravel, Dutilleux ... mais Schumann reste mon "coup de cœur". »

Pourquoi cette passion pour la musique contemporaine ?

O.G. « À mon sens, nous autres jeunes artistes, devons bien évidemment étudier les compositeurs décédés ... mais tout autant les vivants!! Et profiter de la chance de pouvoir travailler les œuvres avec eux, poser toutes les questions qui nous taraudent face à une partition, échanger sur la musique, etc... je n'aime pas toute la musique contemporaine, comme je n'aime pas toute la musique "classique". J'ai des affinités avec certains compositeurs, morts ou vivants, et plus particulièrement avec certaines œuvres. »

Quelle est la place du violoncelle : en solo ou en petites formations ?

O. G. « Le violoncelle a toujours été un instrument de musique de chambre. Initialement utilisé pour jouer les basses continues, il devient un véritable instrument soliste à la période classique (avec les concertos de Haydn et les sonates de Beethoven notamment) et s'affirme vraiment en tant que tel à partir de la période romantique: les compositeurs écrivent des concertos, des sonates pour le violoncelle et lui confient volontiers les thèmes dans les plus grandes formations. Aux périodes modernes et contemporaines, la place du violoncelle comme instrument soliste au même titre que le violon ou le piano est bien évidemment acquise et de nombreuses créations ont vu le jour dans toutes sortes de formations. »

Quels sont vos projets ?

O.G. « Développer ma carrière, rencontrer de nouveaux compositeurs, travailler de nouvelles œuvres, faire sortir mon disque et préparer le suivant ... »

Toutes nos félicitations et nos encouragements à ce jeune talent !

Olivia Gay au violoncelle

La violoncelliste Olivia GAY est née en 1987 à Mulhouse.

Depuis 2006, elle habite Morvillars avec ses parents Pierre et Sabine Gay.

Après avoir débuté ses études musicales à Belfort, Olivia les poursuit à Strasbourg puis à Paris.

Elle effectue par la suite ses études musicales supérieures en Allemagne à Stuttgart et Freiburg et les termine actuellement en Classe de Soliste à Cologne.

Olivia Gay fait sa première expérience en soliste à 14 ans avec le concerto en do M de Haydn.

Par la suite, elle se produira régulièrement aux côtés de plusieurs orchestres de renom et interprète le grand répertoire pour violoncelle solo et orchestre.

Passionnée par la musique de chambre, Olivia Gay donne de nombreux récitals en France et à l’étranger (Etats-Unis, Italie, Suisse, Allemagne, Autriche, Hollande, Grèce, Malte...) en compagnie de musiciens de grand talent (pianistes, harpiste, accordéonistes, violonistes, altiste, violoncellistes, flûtiste, percussionniste…)

UN JOUR, UNE HISTOIRE : « Un disque qui me ressemble »

Olivia Gay, violoncelliste franc-comtoise, a enregistré trois pièces contemporaines avec l’orchestre Pasdeloup, le plus vieux de France!

« Un disque qui me ressemble »

Article de Christine Rondot paru dans l'Est Républicain du lundi 8 février 2016

« POUR UN PREMIER DISQUE, il fallait une proposition nouvelle, éloignée du grand répertoire ». Le dernier grand saut d’Olivia Gay, jeune violoncelliste originaire de Belfort : trois pièces contemporaines enregistrées avec l’orchestre Pasdeloup sous la direction de Wolfgang Doerner à la Philharmonie de Paris, en novembre. « Un défi ».

Olivia, qui a grandi au nord de la Franche-Comté, ne se prend pas pour Rostropovitch. « J’ai voulu faire un disque qui me ressemble, mélodique, en évitant les redites ».

Le disque rassemble le Concerto n.1 de Philippe Hersant, « Arckepeck » de Thierry Maillard et concerto n.1 de Peteris Vasks. Une proposition originale qui s’inspire de ses rencontres, de ses goûts, de ses enthousiasmes. « Réunir des œuvres contemporaines accessibles à tous me paraissait nécessaire ». Son choix s’est porté naturellement vers Philippe Hersant, qu’elle adore, « avec qui j’ai eu l’occasion de travailler pendant l’académie Ravel dont je suis lauréate ». Après avoir joué des pièces pour violoncelle seul et de musique de chambre, Olivia découvre que le Concerto N° 1 n’existe plus dans le commerce. « J’ai eu envie de le rendre disponible à nouveau pour le public ». Une pièce écrite « pour petit orchestre », 16 musiciens, qu’Olivia a travaillée avec Philippe Hersant, notamment pour vérifier « les cadences ». « Sa présence et ses conseils étaient précieux. C’est un homme simple, doté de beaucoup d’humour, heureux que l’on enregistre sa musique ». «

Un sens profond de la mélodie et du lyrisme, dans une ambiance générale tourmentée »

Olivia a adoré l’expérience. « Enregistrer à la Philharmonie est un pur bonheur : l’acoustique est merveilleuse, la lumière des baies vitrées nous baigne, le bois de la pièce sonne très bien ». Deuxième pièce, pour une cinquantaine de musiciens : le concerto « Arckepeck » de Thierry Maillard, compositeur français éclectique qui écrit pour le jazz et la musique contemporaine, influencé par Bartók. « Arckepeck », dédiée à Olivia, « signifie miroir, ou portrait », explique la jeune femme, et a été composée en rentrant de Hongrie. « J’aime comme lui faire tomber les barrières entre les styles musicaux » commente Olivia.

Enfin, troisième pièce, le Premier concerto de Peteris Vasks, compositeur letton, pour grand orchestre symphonique. « Plus de 70 musiciens, un piano, un célestin, et une armée de percussions ! ». Pour une pièce tragique où le violoncelle solo se frotte à l’orchestre, comme pour un corps à corps, une lutte. Vasks, compositeur de 69 ans rencontré à Milan, a aussi suivi l’enregistrement, par téléphone, depuis sa Lettonie natale. « Une troisième version » dit Olivia, qui a découvert sa musique en écoutant la violoncelliste Sol Gabetta puis Renaud Capuçon « qui a récemment enregistré son concerto pour violon et orchestre ».

Olivia, belle comme un rameau au printemps, la force de la sève montante, un sourire à la slave, éruptive ou hésitante : une violoncelliste d’aujourd’hui, téméraire, elle qui n’aime pas « figer » la musique. « Trois langages musicaux différents sont réunis dans le disque, qui ont en commun un sens profond de la mélodie et du lyrisme, dans une ambiance générale tourmentée ». Olivia montre aussi son côté sauvage.

Christine RONDOT

Pour en savoir plus sur Olivia Gay, consultez le site : olivia-gay.com