Monsieur Jean Kremer

Jean Kremer
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Comme tous les 20 novembre, nous célébrons l’anniversaire de la Libération de Morvillars.

Cette commémoration permet de rendre hommage à ces hommes qui ont, par leur courage, rendu l’espoir et la liberté à tous ceux qui pensaient les avoir perdus à jamais. Jean Kremer était de ces hommes. Le 11 novembre lors de la commémoration de l’armistice de la première guerre mondiale, le Diplôme d’Honneur des Anciens Combattants de 39-45 lui a été officiellement remis des mains du Maire de Morvillars Françoise Ravey.

Jean nous a quittés le 23 juillet 2013 dans sa 88ème année. Nous l’avions rencontré dans sa maison de Morvillars. Maison remplie de livres, de livres d’Histoire surtout. Jean aimait lire. Lire pour ne pas oublier ce qui s’est passé, et pour nous transmettre. De son village, Jean Kremer avait beaucoup à nous apprendre tant son histoire personnelle et celle de la commune étaient liées.

En 1942, le jeune homme décida de rejoindre le maquis dans le Haut-Doubs, et occupa alors un poste de garde- frontière. Le 19 novembre 1944, aux côtés du Lieutenant Régis Pignal, Jean participa aux violents affrontements qui s’engageaient contre l’Armée allemande. Le village fut libéré au prix de nombreux blessés et de tués. L’espoir était revenu, et un civil, Georges Favard, couvreur de son état, était alors fier de brandir la bannière tricolore qu’il fit flotter sur le clocher de l’Eglise de Morvillars. Jean se rappelait parfaitement de tous ces moments qu’il nous raconta, non sans émotion en repensant à ses compagnons.

Après la victoire alliée, Jean s’engagea à nouveau. Il partit en Indochine.

Un long voyage qui l’emmena depuis Marseille vers « un beau pays, pour une belle aventure », pensait-il du haut de ses 21 ans. Il fut mobilisé en Indochine jusqu’en Avril 1947. La «belle aventure» n’était pas au rendez-vous. Le plus dur des souvenirs qui continuaient de le hanter, c’était : « la mort des copains ».

Retour à la vie civile. Jean devint marbrier, mais la maladie l’empêcha de continuer. Il finit sa carrière à GFD. Il était père de 9 enfants.

Grand-père et arrière-grand-père qui aimait le bonheur simple. Pour le rendre heureux : des livres, un rösti et un bol de lait ! Le secret de la longévité, selon Jean !

Jusqu’à ses derniers instants, restait à Jean ses souvenirs et ses douleurs. Il conservait précieusement les articles qu’il pouvait trouver, ses livres qu’il relisait pour «ne pas oublier et pour comprendre», mais aussi ses médailles. Sur l’une d’elles, on peut lire : « Ne pas subir ». C’est ce message que Jean nous livre aujourd’hui. Merci à Jean Kremer, et merci à tous ces hommes courageux grâce auxquels nous sommes libres.