Philippe Blanc : 60 ans de judo

Philippe Blanc
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Samedi 16 juin 2012, à l’occasion des championnats d’été de judo, Philippe Blanc a fêté son jubilé : 60 ans de pratique du judo et 50 années pour le club de Morvillars. Retour sur la carrière et le palmarès de Maître Philippe Blanc.

Philippe Blanc : ceinture blanche et rouge

Philippe Blanc est né le 17 décembre 1928 à Marlieux dans l’Ain. C’est en 1951 qu’il monte pour la  première fois sur un tatami. Il débute le judo à Delle avec ses anciens camarades : Robert Charles, Michel Baumgartner et Roger Serzian. Tous les quatre sont des pionniers du judo dans le Territoire de Belfort. Quatre  ans plus tard, Philippe Blanc obtient sa ceinture noire 1er dan. Il remporte plusieurs titres de champion de Franche-Comté, Bourgogne, inter-région et participe plusieurs fois aux championnats de France. Son ascension ensuite s’égrène comme un métronome : en 1958 il obtient sa 2ème dan, en 1960 sa 3ème dan, en 1965 sa 4ème dan, en 1985 sa 5ème dan. C’est en 1995 qu’il devient le plus haut gradé de Franche-Comté en obtenant son 6ème dan (ceinture blanche et rouge) grade officiel de la Fédération Française de Judo.

Philippe Blanc : des dates et des chiffres

Philippe a fondé quatre clubs de judo et trois dojos. En 1955,  il fonde le club de Beaucourt et en 1957 le judo club de Porrentruy en Suisse avec son ami Hubert Salomon. Suivent ensuite : en 1962 le  judo kwai de Joncherey, en 1963 le judo kwai de Morvillars, en 1969 un dojo à Réchésy, en 1970 un dojo à Châtenois-les-Forges et en 1973 un dojo à Grandvillars.

Le judo a démarré à Morvillars au début de l’année 1963. Henri Monnier maire de Morvillars, à l’époque, a mis la salle d’honneur de la mairie  à la disposition du club.

Le 30 juillet 1988, le club a  emménagé au dojo actuel.

A ce jour plus de 3500 élèves ont foulé les tatamis de Philippe Blanc. Quelques-uns ont remporté des titres de champion de Franche-Comté, champion inter-région et deux titres de champion de France. Difficile de les nommer tous  au risque d’oublier quelqu’un.

Soixante d’entre eux ont obtenu leur ceinture noire - parmi eux ses fils Joël et Francis et son petit fils Rémi – et enfin six ont obtenu le diplôme de  professeur de judo diplômé d’Etat.

Philippe Blanc : 60 ans d’engagement 

Depuis plus de 60 ans Philippe Blanc s’est impliqué dans :

  • les structures locales : président du judo kwai de Joncherey de 1962 à 1970 et président du judo kwai de Morvillars de 1985 à ce jour.
  • les structures départementales : président du comité départemental de judo du Territoire de Belfort pendant 14 ans.
  • les structures régionales : vice-président de la ligue de Franche-Comté, président et instructeur de la commission d’arbitrage et du collège des ceintures noires.
  • les structures interrégionales : instructeur et responsable de la notation des arbitres de l’inter-région EST (Alsace, Lorraine, Franche-Comté).
  • les structures nationales : responsable des arbitres dans les grandes manifestations à Paris et responsable de l’attribution du fair-play et enfin dans les structures internationales : Philippe est arbitre international, il a arbitré les plus grands championnats d’Europe et du monde en Suisse, Italie, Angleterre, Pologne, Hongrie, Bulgarie, Russie et Japon

Philippe Blanc : les valeurs du judo

Philippe Blanc a transmis le virus du judo à ses fils Joël (ceinture noire 2ème dan) et Francis (ceinture noire 4ème dan et professeur diplômé d’Etat) mais aussi à son  petit fils Rémi (ceinture noire 2ème dan) et à sa petite fille Audrey (qui n’a pas continué à cause de ses études).

Le judo  lui a apporté beaucoup dans sa vie sportive et quotidienne. Cela peut se résumer par les huit valeurs de la discipline : la sincérité, le respect, l’amitié, le contrôle de soi, le courage, l’honneur, la modestie et la politesse.

Que dire de mieux sinon que Philippe a alterné, sur tous les tatamis qu’il a foulé pendant ces 60 années, fermeté, efficacité, correction et bonne humeur. Il a finalement réalisé son rêve de transmettre sa pédagogie et son amour du sport aux jeunes générations.

Philippe Blanc & Cie
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Philippe Blanc : les honneurs et l’exemple

En 1968, Philippe Blanc a reçu la flamme olympique des Jeux d’hiver de Grenoble  sur le tatami à Morvillars. Il l’a ensuite portée - et son fils Francis également -  dans la traversée de Joncherey.

Plusieurs instances ont reconnu ses valeurs : le collège des ceintures noires lui a décerné la Croix de vermeil, le comité régional olympique le Cross, le ministère de la Jeunesse et des Sports la médaille d’or. La Fédération Française de Judo lui a attribué la palme d’or des enseignants, le trophée SHIN National et la grande médaille d’or.

Pour les honneurs, le plus important est la remise du Trophée SHIN National par le président de la Fédération Française de Judo. Philippe Blanc est le seul en Franche Comté à l’avoir obtenu. Ce  trophée est ainsi défini  par la FFJDA : SHIN veut dire « Esprit » en fait c’est le caractère et la manière d’être dans la vie. Celui qui reçoit ce trophée a valeur d’exemple.

Légion d''honneur : la récompense d’une vie de combats (6/08/2017)

Il a enseigné le judo à tous les judokas du sud du département. Philippe Blanc a reçu hier la médaille de la Légion d’Honneur. Pour son investissement associatif, sportif, mais aussi militaire.

« Je n’avais pas réalisé, avant d’entendre ces discours, que j’ai fait autant de choses. » À 88 ans, le Joncherois peut s’enorgueillir de sa vie bien remplie, de travailleur, de sportif, de professeur. Ou encore de combattant, caractère qui a guidé ses pas, sur les tatamis ou sur le champ de bataille.

Né dans l’Ain le 17 décembre 1928, il est vite pris dans la guerre. À 15 ans, il s’enfuit pour rejoindre ses frères au maquis de l’Ain. « Ma mission était de faire le lien entre les groupes. On m’appelait la Fouine. » Il s’engage ensuite pour la libération de la France. Blessé pendant la campagne d’Italie, il est démobilisé en septembre 1945. Il a 17 ans.

Il trouve un emploi dans une entreprise de l’industrie automobile qui l’envoie vers son siège, à Delle. Dans l’idée de s’enrôler dans la gendarmerie pour partir en Indochine, Philippe Blanc apprend alors quelques bases du judo, pensant que ça servirait pour les combats. Mais alors que le projet de l’Indochine est abandonné, celui du judo prend de l’ampleur.

C’est un véritable coup de foudre. Très vite, il obtient sa ceinture noire et multiplie les stages et les compétitions. Il crée des clubs à Porrentruy, Réchésy, Morvillars, Joncherey, Grandvillars et Châtenois-les-Forges. Plus de 3 500 judokas ont foulé ses tatamis depuis les années 1950, et il a formé plusieurs professeurs diplômés d’État, dont son fils Francis, à qui il a transmis le virus.

En 1995, Philippe Blanc est le premier judoka dans la région à obtenir l’honorable 6e dan. À ses élèves, il apprend la défense, mais aussi les valeurs de ce sport auquel il a lié sa vie. Le respect, l’amitié, la politesse sont des concepts qu’il vaut mieux maîtriser pendant ses cours. Philippe Blanc a aussi été arbitre international. Il a vu défiler devant lui les meilleurs combattants mondiaux, aux quatre coins du monde. Pour honorer son parcours et son implication, la fédération française de judo lui a décerné toutes les médailles existantes.

De nombreuses médailles

En parallèle de ses activités de professeur de judo, il a présidé l’association de chasseurs de Joncherey pendant 47 ans. Mais sa plus grande réussite, c’est sa famille. « Je me suis marié à 18 ans, ça marque ! C’est pire que les campagnes », lance-t-il. Enfants, petits-enfants, et arrière-petits-enfants sont sa « plus grande satisfaction ». « Jeune, je n’ai pas connu la vie de famille. Je travaillais dans une ferme, et je rentrais rarement chez ma mère », se souvient-il. Une jeunesse qui lui fait chérir l’entourage de sa famille.

S’il a passé les rênes de son école de judo à son fils Francis, Philippe continue à prodiguer des conseils aux élèves pour les passages de grades. Il retourne à la chasse : « Un des rares endroits où je peux me reposer ! » À 88 ans, il s’occupe aussi tous les jours de ses chevaux. La Légion d’Honneur est une récompense de plus qui vient grossir son imposante collection de médailles et de distinctions, mais elle est loin d’être insignifiante. « C’est comme un résumé de tout ce que j’ai fait. Le couronnement de mon engagement. » Aleth ARRIAS

Dans le judo, j’ai aimé enseigner aux enfants des choses qui peuvent les aider à affronter la vie